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James

Interview réalisée par Bertrand Hamonou

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« Girl at the End of the World »

sortie le 18 mars 2016

Chronique

À quelques jours seulement de la sortie de "Girl at the End of the World", leur quatorzième album, James nous a accordé les instants nécessaires pour nous rassurer sur l'avenir du groupe et évoquer le bon vieux temps : le leur comme le nôtre. C'est que "Seven" m'a aidé à réviser le baccalauréat au début des années 90, puis "Laid", "Whiplash" et surtout "Millionaires" m'ont ensuite accompagné jusqu'à la fin de mes études. Sans relâche : albums, singles déclinés jusqu'à trois parties distinctes (qui firent les heures glorieuses du marché du disque et des charts dans les 90's), album solo de Tim Booth & Angelo Badalamenti, tout y est passé. L'histoire aurait pu s'arrêter en 2001, l'année du split après l’album "Pleased to Meet You". Mais le retour inespéré en 2008 avec "Hey Ma" allait relancer la machine et réveiller la magie.

"Girl at the End of the World" est le quatorzième album de James en plus de trente ans de carrière. Est-ce plus difficile après autant de temps d'écrire aujourd'hui une collection de nouvelles chansons, ou bien est-ce au contraire plus facile avec l'expérience ?
Écrire des chansons a toujours été quelque chose de facile au sein de James. Il nous suffit de nous réunir et elles apparaissent tout seules. C'est la suite qui devient plus compliquée pour nous ; je veux parler des arrangements, de l'enregistrement et du mixage. Ces étapes-là ne sont jamais faciles pour le groupe et elles nous posent d'ailleurs parfois de sacrés problèmes.

« Tu sais, avec James, le processus d'écriture est assez bizarre. Nous improvisons tout, et ces improvisations peuvent durer jusqu'à une heure sans s'arrêter. »
Il y a sur ce nouvel album la chanson "Attention" dont la construction est plutôt complexe, qui me semble plus expérimentale que sur aucun autre album, depuis "Wah Wah". C'est comme si trois chansons se retrouvaient compactées en une seule.
Tu sais, avec James, le processus d'écriture est assez bizarre. Nous improvisons tout, et ces improvisations peuvent durer jusqu'à une heure sans s'arrêter. Quand vient ensuite le moment d'assembler les différentes parties entre elles pour en faire un morceau, on se rend compte que les sections qu'on a décidé de garder sont très différentes les unes des autres, et que tu es à des kilomètres de la structure traditionnelle couplet/refrain. "Attention" fait partie de ce type de chanson, que nous appelons d'ailleurs entre nous les "journey songs" (en français, "les chansons qui viennent de loin" -ndlr).

En écoutant l'album, j'ai trouvé que chaque chanson proposait sa propre ambiance, son propre style, revendiquait presque son indépendance.
En fait, pour ce disque, les sessions d'écritures ont été plutôt condensées. D'une manière générale, nous nous autorisons la plus grande variété et le plus de variations possibles au sein même des chansons de James. Mais je pense que le caractère propre des chansons se développe de lui-même lorsque l'on travaille sur chacune d'entre elles séparément. D'une certaine manière, tu t’évertues à leur chercher une personnalité et au final, elle s’impose d’elle-même. C'est ce qui explique sans doute ce que tu as perçu en écoutant le disque.

Le nouveau disque va bénéficier d'une sortie cassette ! C'est un format qui revient très doucement, encore à la marge. Comment cette idée a-t-elle germé ?
Ha ha ! La bonne vieille cassette. Personnellement, je trouve qu'elles ont quelque chose d'attachant. Lorsqu'on nous a demandé si nous voulions voir le format cassette apparaître dans les différentes versions et bundles que nous allions proposer pour ce nouveau disque, nous avons répondu "oui". Maintenant, je ne sais pas vraiment combien de gens vont réellement les écouter, j'ai peur qu'ils les gardent comme objet à collectionner...


Pourquoi est-ce que James n'a pas joué en France depuis le milieu des années 90, alors que vous continuiez de vous produire en Europe ? Est-ce par un manque d'auditeurs, ou des ventes de disques décevantes chez nous ?
Pour tout te dire, je n'en connais pas vraiment la raison. Nous avions de vrais problèmes avec notre ancienne maison de disques en France à une certaine époque, mais c'était il y a bien longtemps. Ceci dit tu as raison, quand j'y pense, la France est tellement proche de chez nous que de ne jamais y jouer me semble complètement ridicule aujourd'hui.

Je me souviens d'une époque où vous offriez jusqu'à trois inédits sur chacun de vos singles. Cette période est malheureusement révolue, puisqu'aujourd'hui le marché considère qu'un single est juste un fichier MP3 avec une pochette dédiée.
Tu as raison, et crois-moi, nous mettions tout notre coeur à la réalisation de ces faces B, qui devenaient des morceaux un peu cachés, préservés de l'énorme attention que demande un album. Comme toi, l'époque où nous incluions des b-sides sur chacun de nos singles me manque.

« C'est difficile de me souvenir si loin en arrière, mais sincèrement, je n'aurais jamais imaginé être encore là après tout ce temps. »
À propos de singles, quels sont ceux prévus pour "Girl at the End of the World" ?
Le premier extrait qui a été envoyé aux stations de radio fut "To My Surprise" en novembre de l’année dernière, et celui qui passe en ce moment est "Nothing But Love". Pour ce qui est de la suite, je n'en sais encore rien pour l'instant.

Est-ce que tu te souviens de ce qu'étaient tes attentes avec le groupe au tout début de James ? Est-ce que tu imaginais qu'un jour il y aurait un quatorzième album ?
Wow! C'est difficile de me souvenir si loin en arrière, mais sincèrement, je n'aurais jamais imaginé être encore là après tout ce temps. Tout ce que je peux te dire, c'est qu'avec ce nouvel album j'ai le sentiment que nous nous sommes stimulés autant que possible. J'espère bien qu'il y en aura d'autres à venir : je suis prêt pour nos quinzième et seizième albums.