Chroniques Express
Riki
"Riki"
DATES | Sorti le 14 février 2020 | Publié le mercredi 25 mars 2020
POURQUOI | Pochette
ET ALORS | On se plaint souvent lorsqu'un artiste donne trop d'indices sur ses intentions, les distillant à l’envi à travers son look, le graphisme, ou encore les titres de ses chansons. Mais l'on déplore tout autant lorsqu'ils n'en donne aucun. Avec Riki, c'est encore autre chose ! Si les indices sont bien présents, en masse même, avec une photo de l'artiste sur la pochette qui exhibe un look androgyne entre Alphaville, Bonnie Tyler, Valor et Adam Ant, des sonorités électroniques qui semblent la majeure partie du temps émaner d'un "orgue" Bontempi, des mélodies qui parfois nous rappellent le hit des années 80 "Popcorn", un chant parfois en allemand qui nous renvoie à "Da Da Da" ou "Der Kommissar", des lignes de synthés sorties tout droit d'un tube de Kajagoogoo… on reste malgré tout incapable de savoir ce à quoi l'on a exactement affaire. Parce que ce disque est au final beaucoup moins vintage qu'il en a l'air, plus sombre, plus mélancolique et bien moins superficiel que tous les repères auxquels il fait référence, parce que derrière cette italo-disco et ce faux rétro-futurisme se dévoilent les fantômes de Siouxsie, parce que si les apparences sont souvent trompeuses elles sont ici carrément labyrinthiques.
VOUS
LECTEURS
PRÉMO
15/20
Celluloide
"Futur Antérieur"
DATES | Sorti le 24 janvier 2020 | Publié le mercredi 05 février 2020
ET ALORS | Il nous aura fallu patienter cinq années pour découvrir la suite d’ "Art Plastique", le précédent véritable album du groupe électronique le plus câblé de l’hexagone. Et quelle suite ! Sous sa pochette minimaliste et immaculée, l'objectif de "Futur Antérieur" sera atteint dès la première écoute, à savoir nous fournir un nouveau lot de titres accrocheurs, franchement malins et bourrés de détails à l’attention des plus attentifs. "Quelque Chose S'Efface", "La Cité des Aveugles", "Ta Main Se Glace" pour n'en citer que trois dont le potentiel évident aura fait mouche du premier coup, soit autant de nouveaux tubes à rajouter à une discographie déjà riche en pépites électroniques et analogiques. En plaçant toujours avec justesse ses bips et bleeps clignotants et multicolores associés au chant faussement détaché de Darkleti, le trio marseillais n’aura eu de cesse de fabriquer ces riches chansons au grand coeur pop et aux mélodies gourmandes, pleines de malice. On vous aura prévenus.
VOUS
LECTEURS
13
PRÉMO
16/20
Night Sins
"Portrait in Silver"
DATES | Sorti le 6 septembre 2019 | Publié le mardi 28 janvier 2020
POURQUOI | Pochette
ET ALORS | J’avoue que je n’avais pas adhéré à la frénésie qu’il y a pu avoir autour de la sortie du premier album de Night Sins en 2012. Trop de guitares, de reverb sur la voix, trop goth, trop maniéré, Rosetta Stone et Love Like Blood n’avaient jamais fait partie de mes références, et ce n’est pas ce projet de l’américain qui allait me faire changer d’avis. Sept ans et trois albums plus tard, c’est un peu par hasard que la reprise de contact se fait. Et cette fois-ci, on découvre une sorte de Depeche Mode… sale, mais pas sale comme le “Pretty Hate Machine” de Nine Inch Nails, ici le ton est juste gênant, pas de très bon goût, comme si un détraqué était entré subrepticement dans le studio de Dave Gahan et Martin Gore. Mais ça fonctionne ! “Lonely in the Mirror” qui ouvre l’album vous fera tapoter du pied, et “For People Like Us” certainement frétiller. Plus loin, “Daisy Chain” frôle l’incongruité absolue tant il rappelle "Strangelove"… Par moment le ton se durcit, se rapprochant sur quelques sonorités pas anodines du sus-cité Nine Inch Nails… Et si l’on est parfois sans pitié avec des artistes pourtant plus discrets quant à leurs influences, on doit avouer que cette curiosité tourne en boucle sur nos platines depuis sa sortie, et l’on n’est pas certain qu’elle le mérite.
VOUS
LECTEURS
PRÉMO
14/20
Skemer
"Benevolence"
DATES | Sorti le 25 octobre 2019 | Publié le jeudi 16 janvier 2020
POURQUOI | Pochette
ET ALORS | Il y a un charme fou dans le chant de Kim Peers. Et il y a une ambiance incroyablement intrigante dans les compositions de Mathieu Vandekerckhove. Lorsque l’un fait grincer ses guitares et marteler la rythmique, l’autre ensorcelle avec sa voix lancinante. La formation, originaire de Gand en Belgique, parvient avec son premier album à créer quelque chose d’assez inédit, comme une ambiance un brin malaisante mais qui se veut en même temps cotonneuse, rassurante, à la fois violente mais toute en retenue. Il n’est ici qu’histoire d’équilibre, de subtilité, de dosage, 7 titres comme 7 nuances de rouge d'un disque étonnamment mature pour un premier album. L’écoute de "Benevolence" se transforme immédiatement en une véritable immersion et devient rapidement génératrice d’images et d’ambiances, intense, comme une longue cinématique sur laquelle on n'aurait aucun contrôle. L’une est modèle (Yves Saint Laurent, Louis Vuitton, Vogue...), l’autre était guitariste d’une formation de doom métal (Amenra) ; Skemer est le fruit de leur rencontre, sordide et sentimentale. On adore.
VOUS
LECTEURS
15
PRÉMO
16/20
Wingtips
"Exposure Therapy"
DATES | Sorti le 23 août 2019 | Publié le jeudi 26 septembre 2019
POURQUOI | Pochette | Américain
ET ALORS | Il faut à peu près 20 minutes pour comprendre pourquoi l’ombre de Robert Smith se dessine derrière ce projet synthpop originaire de Chicago. Au départ "Deaf Pursuit" ne laisse rien transparaitre tant le lyrisme un brin romantique du chant de Vincent Segretari renvoie vers de belles ambiances new wave 80’s, mais dès le titre suivant, "Accidental Effigies", cette même voix se transforme et semble mimer celle si caractéristique du leader de The Cure d’une façon assez inattendue car la synthpop du duo, sombre, riche, comme une version plus "lumineuse" de Cold Cave, a déjà réussi à se mettre en place d’une façon assez sérieuse. Mais à peine quatre titres plus loin, avec "Here and Now", de cette synthpop il ne reste plus grand chose tant une nuée de guitares s’impose et prend la place des sons jusque-là électroniques. Et quelles guitares, ce ne sont pas moins celles du Cure période "Disintegration"/"Wish" qui déferlent sur la deuxième partie du disque et lui font prendre un virage à 180 degrés qui malgré tout continue tant bien que mal à tenir la route. Une expérience incongrue, juste plaisante, pas très ambitieuse ni très maline, à l’image de la pochette du disque.
VOUS
LECTEURS
11
PRÉMO
9/20
Echoberyl
"Apparition"
DATES | Sorti le 27 juillet 2019 | Publié le mercredi 18 septembre 2019
POURQUOI | Pochette | Paris
ET ALORS | C'est un exercice assez périlleux auquel se sont prêtés Cecilia Dassonneville et Adriano Iacoangeli avec leur projet Echoberyl. La première, parisienne, et le second, romain d'origine, que l'on connait pour son autre projet Polyverso qu'il partage avec Ari Todero, auteure des textes d'e cet album, expérimentent en effet une synthpop totalement décomplexée qui allie sans gêne des sonorités synthétiques "classiques" à des guitares plus inattendues. Et le mélange prend sacrément bien ! Avec les premières notes de "Dark Embrace Me" c'est New Order qui déboule en trombe, tandis qu'un peu plus loin c'est Cure qui s'invite sur "Rectangle" ou encore sur "Salt on Scars"… . Quant à la voix de Cécilia, elle n'est pas en reste pour nous séduire avec son phrasé atone qui pourrait rendre jalouse Léti de Celluloide, comme un compromis malin entre la pop française des années 60 et une synthpop froide, parfois empruntée, voire habitée, mais surtout diablement bien foutue. Parce que c'est dans cette cour-là qu'Echoberyl joue, celle des défricheurs qui parviennent encore et encore à renouveler un domaine qui n'en finira jamais de nous toucher.
VOUS
LECTEURS
13.75
PRÉMO
16/20
Anna Öberg
"Vafan Har Jag Gjort!"
DATES | Sorti le 15 mars 2019 | Publié le mercredi 10 juillet 2019
ET ALORS | Expérimental, purement électronique et un peu barré, de surcroît chanté en suédois (hormis le titre "Ich Bin" dont on n'aura pas besoin de préciser la langue), le second album d'Anna Öberg est un ovni frais et absolument indispensable. Pas étonnant que l’on pense aux sons bruts des synthés du début des 80s, ceux d'OMD et de Depeche Mode, que l'on y navigue entre références et clins d'oeil ("Unveiling The Secret" de Psyche), puisque les titres ont été réalisées avec les machines de l’époque que l’artiste collectionne. Cependant très lyrique, cette collection de chansons d'experimental-pop enchaîne des refrains accrocheurs qui, parce que nous ne pouvons pas les comprendre, rajoutent une dimension mystérieuse à l'ensemble. "Vafan Har Jag Gjort!" est une merveille à ne manquer sous aucun prétexte qu'il faut absolument emporter en vacances cet été.
VOUS
LECTEURS
15
PRÉMO
14/20
Minuit Machine
"Infrarouge"
DATES | Sorti le 16 mai 2019 | Publié le jeudi 13 juin 2019
POURQUOI | Hante.
ET ALORS | Une voix un brin arrogante, des sonorités 80's un peu faciles (synthés, boîte à rythme), des mélodies paresseuses, le nouvel album de Minuit Machine avait de premier abord tout pour nous décourager. Mais l’arrogance et l'apparente nonchalance se révèlent rapidement être la force de ces compositions, voire la clef de voûte de ce disque au final assez fascinant. On se prend très vite à adorer ce phrasé désinvolte et ces mélodies au final plutôt vicieuses, renforcées par des textes intrigants. Hélène de Thoury, dont on a déjà parlé ici pour son projet Hante., et Amandine Stioui ont du chien et elles offrent avec leur troisième album, incontestablement le plus réussi, un disque terriblement attachant au croisement de la synthpop et de la new wave, à la fois subtilement mélancolique et parfaitement calibré pour le dance floor.
CONNEXE | New Wave | Synthpop
VOUS
LECTEURS
13.67
PRÉMO
16/20
Iv/An
"Somewhere There's a Hunger Strike"
DATES | Sorti le 2 février 2019 | Publié le mardi 12 mars 2019
ET ALORS | "Somewhere There's a Hunger Strike" fait suite à l’album "Comforts of the Future" publié l’année dernière sur le label Tonn Recordings. Son auteur, Ivan Antunović, est un designer graphique doublé d’un musicien inspiré par la rigueur minimaliste des pionniers John Foxx, Blancmange et Portion Control. La qualité mélodique de ses compositions est soutenue par des prouesses vocales singulières. Interrogé sur un probable héritage de Winston Tong, Karl Biscuit ou David Byrne, l’intéressé reconnait là quelques-uns de ses héros. C’est pour ces raisons que les Novö coincés dans une faille spatio-temporelle et surtout frustrés par le rendez-vous manqué entre David Bowie et Kraftwerk trouveront dans la musique d’Iv/An bien plus qu’une consolation. La pop futuriste enfin personnifiée.
VOUS
LECTEURS
PRÉMO
18/20
FILTRES | Synthpop