The Young Gods

« Data Mirage Tangram »

[Two Gentlemen / Differ-Ant]

Chronique rédigée par Bertrand Hamonou

publiée le mardi 29 janvier 2019 à 22h01

sorti le vendredi 22 février 2019



Disons le d’emblée : le nouvel album des Young Gods est beau, tout simplement. De cette beauté qui, par retenue excessive, n'ose trop briller d'un seul coup, mais qui se révèle et se confie un peu plus à chaque écoute. Inattendu, le disque l’est également, car il ne ressemble à aucun autre du groupe suisse le plus célèbre de la planète. La raison en est que le quatuor qui produisit "Everybody Knows" en 2010 est depuis redevenu trio après deux départs et un retour, celui de Cesare Pizzi aux machines. Même si l’ambiance générale rappellera parfois et par petites touches celle du "Second Nature" de 2000, les comparaisons s’arrêtent là. Né de jams et de sessions semi-improvisées au cours d'une résidence au bord du Lac Léman en 2015, le matériau de départ a été trituré, élimé, affiné, réarrangé et compacté pour prendre vie sous la forme de sept chansons aussi distinctes et essentielles que les sept pièces du jeu de Tangram. La partie commence par "Entre en Matière" qui s'approche en douceur, comme un serpent sorti de terre et qui rampe jusqu’au subconscient. Changement radical d’humeur avec "Tear Up the Red Sky", sans aucun doute le titre le plus "old school" du disque avec ses décharges électriques et cette référence au "Sky" si chère au groupe. Se présente ensuite "Figure sans Nom", le premier single avant-coureur à l’étrange vidéo et au jeu de guitare inédit. L’album apporte son lot de surprises comme cet harmonica et cette batterie devenue folle sur "Moon Above", véritable ovni bluesy placé en plein milieu du disque pour redistribuer les cartes à mi-parcours, avant de lâcher "All My Skin Standing", lente complainte inquiétante et murmurée, victime de décharges quantiques à la guitare. "You Gave me a Name" est le morceau le plus aérien du disque grâce à son jeu de guitare haut perché et jusqu’ici inconnu chez un groupe habitué à le rendre invisible malgré les samples les plus énormes jamais connus. Puis "Everythem" perpétue la tradition d’une conclusion en forme de berceuse sur le modèle d’ "Un Point c’est Tout" sur "Superready / Fragmenté" et de "Once Again" sur "Everybody Knows", et ferme un disque où chaque chanson se paye le luxe d’être mixée avec une précision horlogère anglaise par un Alan Moulder enthousiasmé par le projet qui lui a été confié. Réussir à innover de la sorte après plus de trente ans de carrière prouve bien qu'il y a du génie chez les Young Gods, lesquels se sont gardés de nous dire à quelle pièce du jeu de Tangram correspond chaque titre. Mais vous pouvez toujours essayer de le deviner.


Ce qu'on a aimé
Les ambiances inédites
La longueur des titres
Deux singles
Ce qu'on n'a pas aimé
La pochette avec son air d'inachevé
PLUS D'INFOS
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TRACKLISTING
1. Entre En Matière
2. Tear Up The Red Sky
3. Figure Sans Nom
4. Moon Above
5. All My Skin Standing
6. You Gave Me A Name
7. Everythem

DATES
Sorti le vendredi 22 février 2019
Chroniqué le 29 janvier 2019