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Chroniques Express
The Legendary Pink Dots

« Pages Of Aquarius »

[Metropolis]

Chronique rédigée par Bertrand Hamonou

publiée le mardi 31 mai 2016 à 08h15

sorti le vendredi 22 avril 2016



Le cas The Legendary Pink dots est unique dans le monde de la musique telle que nous l'aimons et la chérissons. Réfléchissez bien : combien de groupes connaissez-vous qui, après trente-cinq ans d'exploration sonore, sont encore capables de trouver l'énergie de publier jusqu'à quatre albums la même année (2013), avec au minimum deux albums tous les ans ? Même The Fall n'y arrive pas. C'est un peu comme si Edward Ka-Spel avait réussi à caler sa créativité sur une fonction exponentielle quand ses contemporains ont depuis longtemps accédé à l'asymptote horizontale de la leur, ne sortant plus qu'un album tous les quatre, cinq, huit ou dix ans, sinon plus. Ces sorties en rafales nous plongent dans un état inédit puisqu'il est à peu près impossible de mémoriser autant de titres à ce rythme. Bien évidemment, la qualité n'est pas forcement toujours au rendez-vous, et il est même inévitable de trouver des disques plus faibles et moins passionnants que d'autres. Mais quel phénomène peu banal que ce plaisir de redécouvrir, au hasard, comme si c'était la première fois, un des récents albums du groupe, "The Gethsemane Option", "Chemical Playschool 16 & 18" ou encore "Five Days". Retournez un tout petit peu plus loin avec "Thaos Hum" ou "Code Noir" et la sensation de renouvellement infini perdure. Mais s'il fallait ne retenir qu'un seul disque sur les trois années écoulées, ce serait celui-ci sorti il y a quelques jours : "Pages of Aquarius". Tout d'abord parce que la programmation rythmique s'est enrichie ; elle s'est complexifiée grâce à des patterns moins binaires qu'à l'accoutumée, comme en témoignent "Mirror Mirror", "Prodigal" ou "Page Aquarian". Ensuite, parce que les mélodies de chant sont plus conventionnelles et donc plus faciles à fredonner. Enfin parce que le disque propose une pièce imposante sur sa version vinyle : "The Weight of Water Parts 1-4", soit seize minutes à écouter d'une traite en lui accordant toute l’attention qu’elle réclame. Malgré ce tour de force, il est difficile de croire que la reconnaissance survienne aujourd'hui chez un groupe contraint à multiplier, pour chaque album, les petits deals d’une fois avec des labels plus ou moins obscurs. Et si nous avons tous remarqué que leur public s'est étiolé avec le temps, il reste une faveur que nous pouvons leur accorder pour atténuer cette injustice : acheter leurs disques.


Ce qu'on a aimé
La nouveauté concernant les motifs rythmiques
La pochette stylée et professionnelle
La sortie sur un label bien moins confidentiel que ceux des précédents disques
Le retour à des compositions plus rapides
Le long titre "The Weight Of Water Parts 1-4" en bonus sur le vinyle
Ce qu'on n'a pas aimé
La lenteur et le manque d'envergure du titre "Trending", le plus faible du disque
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TRACKLISTING
1 - Mirror Mirror
2 - The Greatest Story Ever Told
3 - D-Train
4 - Credibility
5 - Trending
6 - Touching The Forelock
7 - Don't Go There / Page Aquarian / Jacob's Ladder
8 - Prodigal
9 - The Weight Of Water Parts 1-4

DATES
Sorti le vendredi 22 avril 2016
Chroniqué le 31 mai 2016