L'essentiel

Chroniques Express
Slaves

« Take Control »

[Virgin EMI]

Chronique rédigée par Fred Thébault

publiée le lundi 07 novembre 2016 à 08h15

sorti le vendredi 30 septembre 2016



Une guitare saturée, une batterie avec trois toms (sans hi-hat, ils y consacrent même une chanson), du chant, et aussi trois notes de synthé par-ci par-là, allez. La recette Slaves est foutrement minimaliste... et foutrement efficace. Ces deux petites teignes originaires de la ville Tubridge Wells, à 1 heure au sud de Londres, réhabilitent depuis trois albums le terme de punk mieux que bon nombre de groupes qui s'en réclament. Il suffit d'avoir de la rage à revendre, de se contenter de trois effets (tout à fond !) et de balancer la sauce. Mais comment font-ils pour faire autant de bruit seulement à deux ? Évidemment, il faut aussi une sacrée dose de talent pour créer des mélodies pareilles, immédiatement accrocheuses, plus crachées ou hurlées que chantées, avec un peu de phrasé rap par dessus (Mike D., des Beastie Boys, est d'ailleurs invité sur un titre) et surtout cet accent cockney à couper au couteau (et qu'on adore en France, va savoir pourquoi). Slaves fait assez penser en ce sens aux géniaux Sleaford Mods, mais aussi aux Sex Pistols/PIL pour le feeling et le chant de Issac Holman, ou à Fidlar pour l'aspect bordélique. Et en plus, ils sont très drôles, il n'y a qu'à regarder certaines vidéos pour se bidonner devant leur humour débile. "Take Control" est leur troisième album, et c'est aussi le plus abouti. Et si les lignes précédentes vous laissent à penser qu'il n'y a là-dedans que des brûlots joués le plus vite possible (comme "Spit It Out" ou "Take Control"), détrompez-vous ! Slaves sait aussi faire de vraies chansons avec de vraies mélodies dedans, et c'est justement là toute leur force. "Play Dead", par exemple, est l'un des morceaux les plus lents, ce qui ne l'empêche pas de dégager une hargne époustouflante. "Angelica" serait un peu la chanson d'amour, "Lies" le morceau triste, "People That You Meet" la comptine pour enfants, "Steer Clear" (en duo avec Baxter Dury) le morceau new-wave et "STD's/PHD's" le titre électro-indus du lot. On ne sort pas indemne de l'écoute d'un tel disque, et même s'il nécessite des oreilles habituées aux sons saturés, il serait vraiment dommage de passer à côté. Sans aucun doute l'album de la rentrée.


Ce qu'on a aimé
L'énergie, la hargen, la colère, le j'm'en foutisme
La simplicité et l'efficacité
Les mélodies
Leur look de branlos / petites teignes / prolos, etc
Les textes
Ce qu'on n'a pas aimé
La pochette, même si c'est fait exprès et que c'est très rigolo (on dirait un design à la The Fall)
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SLAVES
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TRACKLISTING
1. Spit It Out
2. Hypnotised
3. Consume or Be Consumed
4. Take Control
5. Mr Industry (Skit)
6. Rich Man
7. Play Dead
8. Lies
9. F**k the Hi-Hat
10. Gary (Skit)
11. People That You Meet
12. Steer Clear
13. Cold Hard Floor
14. STD's / PHD's
15. Angelica
16. Same Again

DATES
Sorti le vendredi 30 septembre 2016
Chroniqué le 07 novembre 2016