L'essentiel

Chroniques Express
Front Line Assembly

« Wake Up the Coma »

[Metropolis Records]

Chronique rédigée par Stéphane Colombet

publiée le lundi 11 mars 2019 à 07h45

sorti le vendredi 08 février 2019



Plus de cinq ans après "Echogenetic", leur dernier album en date, les Canadiens de Front Line Assembly reviennent avec un véritable monument. "Wake up the Coma" est en effet une sorte d’achèvement grandiose dans ce qui se fait de mieux en matière de pop-rock électronique alternatif. Il faut dire que le duo initial composé de Bill Leeb et de Rhys Fulber, tels un maître Jedi et son apprenti surdoué, officie toujours, avec le même professionnalisme, toujours plus de précisions et de moyens techniques, trois décennies après ses débuts. À la différence de Front 242, son cousin belge, Front Line Assembly continue en effet de produire de nouveaux albums, pour le plus grand bonheur de ses fans à travers le monde, en recherche permanente de sons nouveaux, grâce notamment à son travail pour les musiques instrumentales très réussies des jeux "Airmech" en 2012 puis "Warmech" en 2018. Avec la même débauche d’énergie, la même recherche d’ambiances futuristes et guerrières. "Wake up the Coma" ne déroge pas à la règle : on est en plein jeux vidéo de combats de robots ; certains samples utilisés avec une virtuosité extrême évoquent même le film "Transformers" et ses machines en furie. Si le single répétitif "Eye on You" en collaboration (non identifiable) avec Robert Görl de DAF nous a clairement laissés sur notre faim, le reste de l’album touche à la quasi perfection, hormis peut-être l’étrange reprise "copiée/collée" de "Rock me Amadeus" de Falco à la fois inutile et d’un goût plutôt douteux (avec en prime la voix hautement dispensable de… Jimmy Urine). On décernera donc notamment des mentions spéciales pour l’ultra énergique "Living a Lie", condensé parfait d’EBM progressif, "Wake up the Coma", crossover magnifiquement enrichi par la voix de Nick Holmes de Paradise Lost, "Negative Territory", ballade post apocalyptique planante, et "Structures", morceau ultra dansant sur lequel la voix de Bill Leeb et ses variations vocodées n’ont sans doute jamais été aussi maitrisées. En outre, l’album s’achève sur "Spitting Wind", composition étonnante et magique, faisant revivre Bowie au milieu du chaos électronique, grâce à une "imitation" vocale parfaite et désormais coutumière de Chris Connely (Revolting Cocks, Cocksure) : du grand art. En résumé, ce nouvel album de Front Line Assembly est un must, un réel cadeau pour tous les fans du groupe qui attendaient patiemment un vrai retour aux sources de l’électro indus (et un abandon progressif de sons de guitares parfois trop présents sur les précédents albums). Merci Messieurs : le combat continue et on en redemande.


Ce qu'on a aimé
Le retour au 100 pourcent electro
Les ambiances ultra futuristes
Une production impressionnante
Des sons toujours nouveaux
Ce qu'on n'a pas aimé
Les collaborations inutiles (Robert Gorl, Jimmy Urine)
La cover de mauvais goût (“Rock me Amadeus” de Falco)
PLUS D'INFOS
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TRACKLISTING
1. Eye On You (feat. Robert Görl)
2. Arbeit
3. Rock Me Amadeus (feat. Jimmy Urine)
4. Tilt
5. Hatevol
6. Proximity
7. Living a Lie
8. Wake Up The Coma (feat. Nick Holmes)
9. Mesmerized
10. Negative Territory
11. Structures
12. Spitting Wind (feat. Chris Connelly)

DATES
Sorti le vendredi 08 février 2019
Chroniqué le 11 mars 2019