Einstürzende Neubauten

« Alles in Allem »

[Potomak]

Chronique rédigée par Christophe Labussière

publiée le 06 décembre 2020 à 09h33

sorti le vendredi 15 mai 2020



À quand remonte le dernier grand album d’Einstürzende Neubauten ? Quel est le dernier disque du groupe dont on est capable de citer le nom sans se tromper ? Quelle est la chanson la plus récente dont on maîtrise toutes les nuances et les variations ? Einstürzende Neubauten est le groupe industriel le plus important qu’il nous ait été donné de connaître, capable de démocratiser une musique qui par essence ne pouvait pas l’être. Oscillant entre expérimental, bruitisme, indus, musique concrète, post-punk et art, porté par un groupe, un homme, Blixa Bargeld, ainsi que par un label, Mute, traversant depuis 1980 les décennies sans ne jamais faire aucune concession, et prenant le virage de la liberté totale en 2003 avec un premier disque d'une longue série produit grâce à la participation de ses fans en totale indépendance de l’industrie musicale.
Depuis, le groupe, alors à son apogée, n’a plus réussi à offrir de production à la hauteur de celles avec lesquelles il s’était construit. "Alles in Allem" est paru en mai dernier, en plein confinement, et, inattentif, il nous avait semblé que seuls un ou deux titres se distinguaient de l’ensemble. Six mois plus tard, la lecture en est toute différente. Ce qui dans un premier temps avait pu paraître superficiel et léger se dévoile aujourd’hui d’une profondeur et d’une richesse insolente. La douceur de "Seven Screws", la beauté de "Taschen", la subtilité de "Ten Grand Goldie", la langueur d'"Alles In Allem", l'envoutement de la 'La Guillotine de Magritte", rudesse, justesse, tension... si ce disque avait pu dans un premier temps sembler ne pas avoir la même ambition que celle que l'on trouvait dans "Tabula Rasa", "Ende Neu" ou "Silence Is Sexy", il s’avère sans conteste être du même sang.


Ce qu'on a aimé
La richesse
La profondeur
Le deuxième CD en complément
L'impression d'enfin reprendre plaisir à écoute le groupe
Ce qu'on n'a pas aimé
La pochette
Le fait qu'on ait failli passer à côté
PLUS D'INFOS
ÉCOUTEZ
TRACKLISTING
1. Ten Grand Goldie
2. Am Landwehrkanal
3. Möbliertes Lied
4. Zivilisatorisches Missgeschick
5. Taschen
6. Seven Screws
7. Alles in Allem
8. Grazer Damm
9. Wedding
10. Tempelhof

Phase IV: Additional Tracks & Alternative Versions
(Multi-media bonus CD)
1. Si Takka Lumi
2. Zuckerstimme
3. Grazer Damm
4. Wedding Dress
5. La Guillotine de Margritte
6. Zivilisatorisches Missgeschick
7. Count into Existence

DATES
Sorti le vendredi 15 mai 2020
Chroniqué le 06 décembre 2020